Quartier des officiers du Reserve Feldartillerie Regiment Nr. 19

Le Reserve Feldartillerie Regiment Nr. 19 arrive en Argonne avec le reste de la 19 Reserve Division en juillet 1916. L’unité installera ses canons dans le Bois de la Gruerie où la 9° Batterie a laissé une trace de son passage.

Les artilleurs de la 9° Batterie du Reserve Feldartillerie Regiment Nr. 19 vont construire non loin de l’entrée du Frenkelstollen tout un complexe d’abris destiné à leurs officiers. Cet ensemble se compose de plusieurs salles souterraines reparties autour d’une cour.

Panorama depuis la cour – Photographie EMBRY M.

Une tranchée menant à la cour dispose encore d’un accès qui est surmonté d’un cartouche.

Cartouche surmontant un ancien accès – Photographie EMBRY M.

Sur celui-ci on peut lire :

OFFIZIERSHEIM
ERBAUT VOM
R.F.A.R. 19
9.(F) BATT.

Quartier des officiers
Construit par
19 Régiment d’Artillerie de Campagne de Réserve
9. (F) Bataillon

Afin de préserver ce vestige, sa localisation exacte ne sera pas divulguée.

Cimetière provisoire de l’Infanterie-Regiment Nr. 30

En plus d’être un immense champ de bataille, le Bois de la Gruerie a également tenu une place importante dans l’organisation de l’armée allemande. En quelques mois, les hommes du Général von Mudra vont complètement remodeler ce massif forestier en y installant des campements et des casernes mais aussi en créant un maillage de routes et de voies ferrés étroites pour désenclaver ce secteur. Ces nouveaux axes de communication étaient principalement utilisés pour amener des troupes, du matériel et des munitions au plus près des lignes de combat tout en facilitant l’évacuation des blessés et des morts vers l’arrière. Les dépouilles des soldats tombés dans le Bois de la Gruerie étaient majoritairement inhumés dans de petits cimetières provisoire situés à seulement quelques kilomètres derrière les premières lignes. Ces corps seront finalement relevés dans les années 1930 pour être transférés vers des nécropoles plus grandes.

Ainsi l’Argonne disposait d’un grand nombre de cimetières provisoires après la guerre et même si aujourd’hui ils sont presque tous désaffectés, un promeneur avertit peut encore en retrouver des traces. Seuls les vestiges de trois anciens cimetières sont encore bien visibles au cœur du Bois de la Gruerie et notamment ceux du cimetière créé par l’Infanterie-Regiment Nr. 30.

Cette unité, casernée à Sarrelouis dans la Sarre (Allemagne), est arrivée sur le front argonnais au début de 1915. Elle combattra dans les tranchées du Bois de la Gruerie pendant près d’un an avant d’être envoyé en Champagne. Au cours de cette période les hommes de l’Oberstleutnant Andrè F. inhumeront leurs camarades aux portes d’un campement dans lequel on peut encore voir une magnifique tranchée bétonnée.

Ce cimetière était initialement entouré de palissades en béton soutenues par des piliers réalisés avec le même matériau. Une partie de cette clôture a survécu jusqu’à nos jours.

État de clôture aujourd’hui – Photographie EMBRY M.

Deux piliers marquent l’ancienne entrée du cimetière. En face de celle-ci on peut encore remarquer un socle qui à sans doute servi de base à un monument aujourd’hui disparu.

Ancien portail d’entrée – Photographie EMBRY M.

Même si plus aucuns corps de soldats allemands ne reposent dans cette enceinte, une stèle se dresse encore miraculeusement au milieu des ruines.

Seule stèle encore debout du cimetière – Photographie EMBRY M.

Elle ne porte plus aucun nom, mais on peut encore trouver quelques des fragments de pierres tombales portant des inscriptions qu’il serait aujourd’hui difficile de comprendre.

Fragment portant des inscriptions – Photographie EMBRY M.

Afin de préserver ce vestige, sa localisation exacte ne sera pas divulguée.

 

Une tranchée bétonnée allemande

Cette tranchée se trouve au beau milieu du Bois de la Gruerie, non loin de deux anciens cimetières allemands aujourd’hui désaffectés.

Vue général de la tranchée – Photographie M. EMBRY

 

Après avoir creusé ce retranchement de campagne, les soldats allemands ont pris soin de le recouvrir d’une mince couche de béton qu’ils ont armés avec un grillage souple.

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Banquette de tir depuis l’intérieur de la tranchée – Photographie M. EMBRY

Situé sur la crête d’un ravin et la tranchée dispose d’une banquette de tir est orientée vers le versant opposé. Bien que remarquable cet ouvrage n’a probablement connu aucun combat puisqu’il se situe dans les arrières allemands à plusieurs kilomètres des premières lignes.

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Banquette de tir – Photographie M. EMBRY

Les intempéries et les racines des arbres abîment petit à petit ce vestige qui finira par disparaître. Cependant sa localisation exacte ne sera pas divulguée afin de permettre sa conservation.

Une centrale électrique au milieu des bois

En 1916, les pionniers allemands de la 10° Kompagnie 2° Reserve Pionier ont construit une centrale électrique qui a subsisté jusqu’à nos jours. Situé au Nord du Bois de la Gruerie, elle alimentait le réseau d’éclairage d’un campement tout proche.

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La centrale électrique se trouve sur le versant d’un ravin – Photographie M. EMBRY

Le bâtiment de forme parallélépipédique est assez simple et s’adosse à la pente d’un ravin. Sa façade ne compte qu’une porte et trois fenêtres débouchant sur deux pièces. Dans l’une d’elle on peut encore découvrir le socle qui accueillait les groupes électrogènes aujourd’hui disparus.

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Intérieur de la centrale électrique – Photographie M. EMBRY

Au-dessus de la porte, les hommes du 2° Reserve Pionier ont réalisé un cartouche qui rappelle l’ancienne fonction de la bâtisse.

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Porte d’entrée de la centrale électrique – Photographie M. EMBRY

On peut y lire :

ELECTR. LICHTCENTRALE
DESSAUER PLATZ.
2. RES PIO. KOMP. 10
AUG. 1916

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Le cartouche – Photographie M. EMBRY

Centrale électrique des lumières
Dessauer Platz
2 Régiment de Pionnier de Réserve 10 Compagnie
Août 1916

Les inscriptions sont quelques peu endommagées, mais restent parfaitement lisibles.

Afin de préserver cet édifice, sa localisation exacte ne sera pas divulguée.

La chapelle du 132° R.I.T.

Au cours des quatre longues années qu’a duré la Grande Guerre, des soldats sont venus des tous les coins de France et des colonies pour se battre en Argonne. Après avoir passé une période plus ou moins longue aux tranchées, ils partaient se reposer dans des campements forestiers ou dans des villages se trouvant à seulement quelques centaines de mètres des lignes de combat.

Les hommes profitent de ces périodes de repos pour panser leurs plaies ou pour faire le deuil de leurs camarades ou de leurs amis qui sont tombés là-bas sur le front. Leur seule échappatoire est souvent la foi. A quoi s’accrocher d’autre qu’à Dieu dans ces moments difficiles, loin de sa famille et à proximité immédiate des combats ou les hommes ont perdu toute humanité.

L’Argonne est riche en édifices religieux et compte de nombreuses églises, anciennes abbayes, ermitages ou chapelles.

Saint Rouin

Un militaire pose devant la statue du Christ de l’Ermitage de Saint Rouin – Collection E.M.

Pendant la guerre, ces dernières étaient en grande majorité inaccessible aux combattants puisque bien trop loin des lignes de combats. En effet, les quelques rares églises qui se trouvaient à proximité du front, ont été très rapidement détruite par l’artillerie.

Aubréville 1

Les ruines de l’église d’Aubréville – Collection E.M.

Aubréville 2

L’orgue dans les ruines de l’église d’Aubréville – Collection E.M.

Dans ces conditions comment prier lorsque l’on se trouve à seulement kilomètre des tranchées…

Des messes sont organisées régulièrement en forêt, mais ces offices communs ne sont pas propices au recueillement intime qui suit la perte d’un ami ou d’un bon camarade.

Messe Argonne

Messe en plein air quelque part en Argonne – Collection E.M.

Les soldats peuvent aussi se tourner vers l’aumônier du régiment qui est toujours disponible pour les écouter et les aider dans leurs prières.

Parfois les combattants ont créé eux-mêmes un lieu de culte, comme c’est le cas sur un des coteaux Argonnais qui borde l’Aisne.

Le 22 janvier 1917, les soldats du 132° Régiment d’Infanterie Territoriale débarquent à Sainte-Ménéhould et vont relever immédiatement le 63° Régiment d’Infanterie Territoriale à Saint-Thomas-en-Argonne.

Saint Thomas

Saint-Thomas-en-Argonne pendant la guerre – Collection E.M.

Placé sous le commandement du Général commandant la 16° Division d’Infanterie, les premières compagnies sont envoyées au front le lendemain. Elles occupent les tranchées du quartier de Condé dans l’Argonne ouest. Le reste du régiment s’installe dans les campements qui entourent le village, qu’il quittera courant septembre 1918, pour suivre l’avancée alliée sur Vouziers.

Au cours de l’année 1917, les hommes du 132° Régiment d’Infanterie Territoriale ont créés une petite chapelle sur les pentes d’un coteau situé à l’ouest du village de Saint-Thomas-en-Argonne et surplombant l’Aisne. Pour la construire, ils ont prélevé des pierres dans les ruines de l’église du village et c’est ainsi qu’avec trois fois rien ils ont réussi à édifier cette chapelle en assemblant astucieusement les restes de plusieurs colonnes et de maçonnerie.

Coordonnées G.P.S. : N 49° 11′ 03,0″ – E 004° 51′ 49,4

Saint Thomas en Argonne 1 Blog

La chapelle du 132° R.I.T. à Saint-Thomas-en-Argonne – Photographie E.M.

Pour décorer l’édifice, le Soldat Joseph Linden a sculpté l’autel et la croix qui surmonte l’entrée. Celle-ci porte les inscriptions « 132° R.I.T. » et « Tarn-et-Garonne », la région d’origine du régiment qui était encaserné à Montauban avant la guerre.

Saint Thomas en Argonne 3 Blog

L’autel de la chapelle est l’œuvre du Soldat Linden – Photographie E.M.

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Une autre œuvre du Soldat Linden, la croix surmontant l’entrée de la chapelle – Photographie E.M.

Longtemps oubliés, ces vestiges ont été restaurés par l’association du Comité Franco-Allemand, a qui l’on doit également la restauration du camp de la vallée Moreau. Ces travaux ont eu lieu au début des années 2010 et ils ont permis de sauvegarder ce petit témoin de la vie de nos soldats loin de chez eux.

Tombe allemande à Varennes-en-Argonne

Toute la moitié Nord de l’Argonne a été occupée par les Allemands pendant la Grande Guerre. Aujourd’hui il ne reste quasiment plus de traces de cette période, mais parfois au détour d’un chemin ou d’un mur un vestige vient nous rappeler ces événements difficiles.

Comme c’est le cas à Varennes-en-Argonne, où vous pourrez découvrir une ancienne tombe allemande qui subsiste derrière le cimetière communal.

Coordonnées G.P.S. : N 49° 13′ 40,1″ – E 005° 02′ 36,1″

Tombe allemande - Photographie E.M.

Tombe allemande – Photographie E.M.

Cette stèle en pierre est ornée à son sommet d’une Croix de Fer entouré d’une couronne de laurier. Une branche de chêne est encadrée par deux épitaphes sur lesquels on peut lire :

ALS
HELD STARBEN
AM VAUQUOIS DEN 1.2.16
OTTO BERGEMANN
COBLENZ 12.2.95
MAR LEMM
AUGUSTWALDE 15.12.98

PIONIER MINEUR KOMP. 398

Épitaphe au centre de la stèle - Photographie E.M.

Épitaphe au centre de la stèle – Photographie E.M.

Épitaphe au pied de la stèle - Photographie E.M.

Épitaphe au pied de la stèle – Photographie E.M.

Que l’on peut traduire par :

 Mort au champ d’honneur
A Vauquois le 01/02/1916
Otto Bergemann
Coblence 12/02/1895
Mar Lemm
Augustwalde 15/12/1898

398ème Compagnie de Pionniers Mineurs

 Il s’agit donc de la sépulture de Otto Bergemann est né le 12 février 1895 à Coblence et Mar Lemm qui a vu le jour à Augustwalde le 15 décembre 1898. Ils ont été tués à Vauquois le 1er février 1916, à l’âge de 18 et 21 ans.

Otto Bergemann repose aujourd’hui sous la tombe 2-242 dans le cimetière de Cheppy. A ce jour, il est impossible de dire si le Mar Lemm repose toujours sous cette tombe ou si son corps a été transféré ailleurs.

Cimetière du Feld Kompanie Pionier Regiment n°20

Comme tous les frontsl’Argonne a connu son lot de morts, qu’il a fallu enterrer dans des cimetières provisoires. Au sortir de la guerre, les corps des soldats inhumés dans ces derniers ont été regroupés dans de grandes nécropoles faisant ainsi disparaître les cimetières que les combattants avaient créés.

Il y a cependant quelques exceptions, comme les vestiges de ce cimetière qui se trouve entre Varennes-en-Argonne au Four-de-Paris.

Coordonnées G.P.S. du site : N 49° 12′ 25,8″ – E 004° 59′ 07,0″

Feld Kompanie Pionier Regiment n°20 - Le Four de Paris

Cimetière du Feld Kompanie Pionier Regiment n°20 aujourd’hui – Photographie E.M.

Créé par le Feld Kompanie Pionier Regiment n°20, il était entouré d’un mur de clôture et son entrée était marquée par deux poteaux soutenant un portail en fer. Au milieu des tombes, les Allemands avaient érigé un monument.

Feld Kompanie Pionier Regiment n°20 - Le Four de Paris - Collection T. CORNET

Cimetière du Feld Kompanie Pionier Regiment n°20 pendant la guerre – Collection T. CORNET

Après la Grande Guerre, les corps ont été transférés vers d’autres cimetières et le monument a été remonté dans le cimetière militaire de Servon-Melzicourt. Il ne reste aujourd’hui que le mur de clôture et les poteaux du portail d’entrée.

Le monument du Feld Kompanie Pionier Regiment n°20 dans le cimetière allemand de Servon-Melzicourt – Photographie E.M.

Ces vestiges se trouvent au bord de la route départementale n°38, veillez donc à votre sécurité en stationnant votre véhicule en dehors de la chaussée.

L’Argonne à l’heure 14:18 tiens à remercier Monsieur CORNET pour l’autorisation de reproduction de la photographie d’époque.