Blockhaus de Baulny

Les vestiges en Argonne sont nombreux, mais ils sont très souvent bien cachés dans les ravins ou les forêts de la région. Certains d’entre-eux sont malgré tout facile à trouver pour un œil averti.
Pendant la Grande Guerre, l’aviation va peu à peu prendre de l’importance et obliger les artilleurs à camoufler leurs canons pour éviter que les pilotes ne les repèrent.

Au Nord de Varennes-en-Argonne, les allemands ont construit un blockhaus d’artillerie dans le village de Baulny. Celui-ci se trouve sur un éperon dominant la vallée de l’Aire et pour dissimuler la pièce des vues de l’aviation, ils l’ont installé sous l’église.

Coordonnées G.P.S. du site : N 49° 15′ 42,3″ – E 005° 00′ 49,9″

Baulny

Blockhaus de Baulny après la Grande Guerre – Collection M. EMBRY

La bouche du blockhaus est tournée vers l’Est et le plateau. Aujourd’hui, il est envahit par la végétation, mais il reste visible à l’arrière du cœur.

Baulny BD

Blockhaus allemand sous l’église de Baulny – Photographie E.M.

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Abri du Lieutenant Regaud

En plus d’être un immense champ de bataille, l’Argonne a aussi servi de zone d’expérimentation. Les ingénieurs militaires ont ainsi testés plusieurs armes ou matériels, mais ils ont aussi étudié les moyens permettant de protéger activement les combattants. Les vestiges de ces expériences sont aujourd’hui très rares. L’un d’eux est facilement accessible puisqu’il se trouve le long de la route de la Haute Chevauchée, à deux pas du Ravin du Génie.

Coordonnées G.P.S. du site : N 49° 10′ 55,8″ – E 005° 00′ 18,4″

Haute Chevauchée - Regaud OK

Prototype d’abri pour guetteur du Lieutenant Regaud

Il s’agit en fait d’un prototype d’abri pour guetteurs inventé par le Lieutenant Regaud, de l’État-Major du Génie de la 9° Division d’Infanterie. Grâce à un plan daté du 25 août 1915, conservé au Service Historique de la Défense, on peut estimer qu’il a été construit pendant la seconde moitié de l’année 1915.

Il est constitué de blocs de béton empilés les uns sur les autres et qui étaient préfabriqués à l’arrière avant d’être acheminés sur le front. Sur sa face avant, on remarque deux potences qui permettaient de poser une boîte à verre par laquelle le guetteur pouvait regarder les lignes adverses sans craindre les tirs ennemis. Cette boîte était composée de plusieurs feuilles de verre collées et elle était escamotable pour permettre à l’observateur d’utiliser un fusil.

Chapelle allemande de Falaise

Pendant quatre ans, l’Argonne Ardennaise a été occupée par les Allemands et ces derniers ont eu le temps de s’installer et d’aménager les villages dans lesquels ils ont vécu. Les vestiges de cette période ont quasiment tous disparus aujourd’hui, mais à Falaise, non loin de Vouziers, il existe encore un.

Coordonnées G.P.S. du site : N 49° 22′ 46,3″ – E 004° 43′ 38,3″

Cimetière

Chapelle se trouvant dans le fond du cimetière de Falaise (à gauche sur la photographie)

Une petite chapelle se dresse dans le fond du cimetière du village.

Chapelle gauche

Façade principale de la chapelle

Elle a probablement été édifiée entre 1917 et 1918 par l’architecte Julius Zeh de Freiburg.

Architecte

Nom de l’architecte gravé dans sur une des façades de la chapelle

Pendant la guerre, elle se trouvait dans un cimetière militaire allemand. Elle renferme plusieurs plaques en pierre sur lesquelles sont gravées les noms de 146 soldats allemands qui appartiennent majoritairement au Reserve Infanterie Regiment 236, au Infanterie Regiment 78, au Infanterie Regiment 111 et Pionier Bataillon.

Chapelle interieure 1

Intérieur de la chapelle

Ils ont été tués lors des combats du 5 octobre 1916 au 28 mars 1917, dans les secteurs de Ripont et de la Côte 185 (Ferme de Maisons de Champagne).

Plaque

Plaque portant les noms des soldats allemands

Voici les noms qui ont pu être relevé sur les plaques :

Herm. ABELING
Fried. ANKLAM

August BAUMGARTEN
Gustav BECKER
Johann BECKER
Karl BERGER
Nikol. BLUMENSTEIN
Peter BOCK
Arno BOCKLITZ
Emil BRÜCKNER
Johannes BUBLITZ
Jul. BURKHARDT
Franz BÜCKEN

Johann CASSEN
Edu. CHOJNAKI
Hub.CREMER

Aug. DANNHAUSER
Gustav DRÄGER

Otto EBERS
Paul ECKE
Julius EISEMANN
Heinrich ESKEN
Arno ENGELHARDT
Heinr. ESKEN

Paul FEDER
Friedrich FISCHER
Heinrich FISCHER
Karl FRANZE
Franz FRANZINSKY
Kurt FRICKE
Fritz FRÖTER
Karl FÜLLGRAF
Willi FUNDA

Georg HASCHE
Paul HEIMICH
Gerh. HEINRICHS
Anton HEINZE
Albert HEMMER
Karl HENNEMANN
Ernest HERR
Heinr. HILDEBRANDT
Richerd HITZIG
Wilh. HÖHMANN
Fritz HOKAMP
Hein. HORMANN

Wilh. GLENDE
Heinr. GRÄBENSTEIN
Joh. GROSS
Karl GUNKEL
Peter GÜSS

Otto JÄGER
Paul JAHN
Wilh. JANSEN

Oskar KEMPER
Adolf KEUTMANN
Otto KIRCHHOF
Arno KLEINGÜNTHER
Theodor KNIEF
Emil KÖNIG
Otto KÖNIG
Alfred KRAMER
Baptist KRAUSE
Karl KREIENSE
Josef KREMER
Guido KREYSLER
Johann KUBECK
Willi KUMMER
Karl KÜMMERLING
Albert KUSTOS

Hugo LANGE
Martin LEHMANN
Josef LENNARTZ
Erich LINNE
Wilh. LÜLSDORF
Willy LÜTSCHE

Otto MAIHOLD
Hugo MANGER
Emil MANGOLS
Willi MARTEN
Johannes MARTENS
Albin MAY
Curt MERTEN
Gust. MICHAELIS
Heinrich MÖLLER
Alfred MÜLLENBERG
Adolf MÜLLER
Wilh. MÜLLER

Paul NEUMANN
Heinrich NICOLET
Wihl. NÜHLEN
Oswald OTTO

Alfred PARIS
Hugo PFAHLHORN
Kurt PFEIL
Walter POLLIN
Edmund POPP

Wilhelm REISER
Anton RETZBACH
Josef RICHTER
Ferd. ROSEWE
Heinr. ROSSBACH
Wilh. ROTHBARTH
Ludolf RUHKOPF

Heinr. SCHAFER
August SCHATTE
Wilh. SCHEMPF
Hermann SCHENK
Wilhelm SCHENKE
Bernh. SCHERPENBERG
Reinh. SCHIRRMEIER
Hubert SCHMITZ
Robert SCHÖLER
Joh. SCHÖNBUSCH
Wilh. SCHRÖDER
Friedrich SCHULZE
Heinrich SCHULTZ
Karl SCHULZE
Hugo SCHWAB
Moritz SEIFERT
Otto SELCHOW
Erich SIPPEL
Friedrich STAHL
Ernst STEDTLER
Reinhold STEFFEN
Wilh. STEINHAUSER
Erwin STRUDING
Walter STRUPPERT

Otto TEICHMAN
Heinrich THOLEN

Peter VEHRS
Albert Von AU
Ernst VÖLKER

Otto WAGNER
Georg WALTER

Wilhem WEBER
Hildeber WENIGER
Fried. WESTDÖRSS
Edmund WIDEMANN
Paul WIRSING
Albin WÖLF
Oskar WOLFRAM

Hermann ZAPF
Hermann ZINNER

Si vous voulez plus d’informations sur les hommes figurants sur ces plaques, vous les trouverez sur ce site.

Après la guerre, les corps du cimetière seront transférés au cimetière allemand de Chestres et la chapelle sera laissée à l’abandon pendant plusieurs décennies. Les plaques portant les noms des soldats seront endommagées dans les années 1980-85 et certaines ne pourront pas être restaurées. Au début des années 2000, un groupe de passionnés décide de restaurer cette chapelle et elle est aujourd’hui visitable librement.

Chapelle exterieure droite paysage

Vue générale de la chapelle

Source :
http://chapellefalaise.webnode.fr

Entrée du Frenkelstollen

Perdu au cœur du Bois de la Gruerie, ce petit édifice en béton marque l’une des anciennes entrées du Frenkelstollen. Dans le même secteur, on peut trouver plusieurs emplacements de batteries en blocs de béton, un autre abri en béton avec un cartouche.

L’entrée de ce tunnel allemand est aujourd’hui complètement éboulée, mais quelques mètres plus haut se trouve un puits vertical qui accède à la galerie. L’endroit reste donc dangereux pour les personnes qui ne connaissent pas le site.

IMG_9772

Entrée du Frenkelstollen

Ce portique en béton possède un cartouche sur lequel on peut lire :

FRENKENSTOLLEN
ERBAUT . 1 ZUG 8L9
1917

Frenkelstollen
Construit par 1 Zug 8L9
1917

Malheureusement comme vous pouvez le voir, les inscriptions sont endommagées. La traduction sera complétée prochainement.

IMG_9773

Cartouche sur l’entrée du Frenkelstollen

Afin de préserver cette édifice, sa localisation exacte ne sera pas divulguée.

Kaiser Tunnel

Avant de publier cet article, que d’hésitation… Le sujet abordé ici et surtout l’ouvrage qui va vous être présenté, a été et est encore un sujet délicat dans la région. Depuis sa fermeture en janvier 2012, de nombreuses discussions animées ont eu lieu, mêlant élus locaux, membres d’associations et simple citoyens. L’Argonne à l’heure 14:18, ne veut en aucun cas polémiquer sur ce sujet et vous demande de ne pas utiliser cet article dans ce but. Il va donc de soit que tout messages ayant des propos jugés déplacés, sera tout simplement supprimés du blog. Merci de votre compréhension.

Comme certains des lecteurs l’auront compris, nous allons parler du Kaiser Tunnel, mais avant de faire place à une petite visite virtuelle, voyons un peu ce qu’était cet ouvrage.

Le Kaiser Tunnel est un tunnel de liaison allemand, qui se trouve sur la commune de Lachalade en plein cœur de la forêt. Durant la guerre, les Français et les Allemands ont énormément creusés le sol de l’Argonne, mais aussi son sous-sol. Ils y créèrent des kilomètres de galeries de mines, de rameaux de combats et de tunnel de liaison. Le Kaiser Tunnel fait partie d’entre-eux.

Percé entre fin 1915 et début 1916 par les allemands, il se développe sur quelques centaines de mètre. Son rôle principal était de permettre aux soldats de se rendre aux tranchées sans passer par les crêtes et d’éviter ainsi de subir des pertes lors des bombardements.

Le complexe du Kaiser Tunnel se présente sous la forme d’une longue et tortueuse galerie principale orientée Nord-Sud, d’environ deux mètres de largeur sur laquelle s’embranche plusieurs galeries secondaires.

KT Galerie fond

Kaiser Tunnel – Une des galerie secondaire se trouvant au Nord du complexe

A l’intérieur les allemands avaient aménagés plusieurs salles souterraines. Certains étaient dédiées au fonctionnement de l’ouvrage comme l’usine électrique où se trouvait des génératrices qui alimentaient l’éclairage et la ventilation des galeries.

KT Centrale Elec

Kaiser Tunnel – Usine électrique se trouvant au Nord du complexe

Au trouve aussi du côté Nord un poste de secours souterrain qui permettait de donner les premiers soins aux blessés avant de les évacuer vers l’arrière et tout ça à l’abri des bombardements.

KT Infirmerie

Kaiser Tunnel – Poste de secours souterrain se trouvant au Nord du complexe

L’entrée Nord était marquée par un cartouche en béton réalisé durant la guerre et qui a été récement démonté pour être installé au musée des Amis de Vauquois. Cette opération a été effectuée pour d’éviter le vol de ce dernier et ainsi assurer sa préservation.

Le Kaiser Tunnel faisait partie d’un groupe de trois tunnels qui se suivent. Les soldats allemands pouvaient ainsi se rendre dans les tranchées depuis les campements se trouvant à l’arrière. En partant des cantonnements de repos, ils empruntaient d’abord le Ortilieb Tunnel, un simple boyau souterrain quasiment en ligne droite qui part du haut d’une crête pour descendre dans le ravin appelé le « Fond des Meurissons ». De là, les soldats traversaient à l’air libre, le fond de ravin pour entrer dans le Kaiser Tunnel lui-même en passant sous la cartouche en béton.

KT Source Galerie principale

Kaiser Tunnel – Galerie principale à proximité de l’accès Nord

Après avoir traversé toute la galerie principale, ils arrivaient à l’extrémité Sud du tunnel d’où ils pouvaient soit sortir à l’extérieur pour aller occuper les positions de troisièmes lignes, ou alors ils empruntaient un petit tunnel pour rejoindre Bataillon Tunnel

KT Galerie principale

Kaiser Tunnel – Galerie principale à proximité de l’accès Sud

Le Bataillon Tunnel est le dernier complexe souterrain de liaison de ce secteur de l’Argonne. Il permettait aux soldats d’arriver directement dans les deuxièmes lignes et desservait également le réseau de galerie de mine Ebert que les Allemands utilisaient pour passer sous leurs lignes et aller faire sauter les positions françaises à la mine.

Ce dernier tunnel est actuellement explorer par l’association Deutsches Erinnerungskomitee Argonnerwald 1914-1918.

Monument de l’I.R. 145

Ce petit monument se trouve en plein cœur de Bois de la Gruerie où il a été érigé, par les allemands, pendant la guerre. Il se trouvait initialement dans un cimetière réservé aux hommes de l’Infanterie Regiment n°145, les corps ayant été transférés après la guerre dans les cimetières allemands de la région, il ne reste aujourd’hui plus que ce monument.

On peut lire sur ce dernier :

DEN TAPFERE KAMERADEN DER 7 KOMP. KÖNIGS INF. RGT. N°145

Aux braves camarades de la 7° Compagnie du 145° Régiment d’Infanterie du Roi

Monument IR 145 (2)
Monument IR 145
Monument IR 145 (3)

Afin de préserver ce monument, sa localisation exacte ne sera pas divulguée.