Un mort bien bavard

Si la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, marque la fin des combats, il faudra plusieurs mois pour que l’Europe prenne conscience des pertes humaines et matérielles colossales qu’ont causées ces quatre années de guerre.

Dès la fin de 1918, la France commence à reconstruire ses villages, ses villes et les familles commencent le deuil de leurs proches tombés au champ d’honneur. Un peu partout des monuments et des cénotaphes sont érigés pour rappeler la mémoire d’un disparu ou l’héroïsme d’un groupe d’hommes. L’Argonne n’échappe à cette règle, lorsque le Comité Commémoratif d’Argonne, sous l’impulsion de sa présidente la Comtesse de Martimprey, inaugure le 30 juillet 1922, l’Ossuaire de la Haute Chevauchée. L’obélisque de pierre se dresse sur les lieux même où son mari, le Capitaine Jean de Martimprey, a disparu le 13 juillet 1915. Depuis ce monument regroupe dans sa crypte les ossements de tous les corps non identifiés, qui ont été retrouvés sur le champ de bataille Argonnais. Non loin de l’Ossuaire, dans le fond du ravin des Meurissons, une petite stèle au bord d’un sentier, rappelle le sacrifice d’un jeune officier du 46ème Régiment d’Infanterie.

Stèle Monnier - Mikaël EMBRY large

Stèle du Lieutenant Monnier au fond du ravin des Meurissons – Photographie E.M.

C’est le 8 juin 1891 que Pierre Alfred Rodolphe Frédéric Monnier voit le jour au 45 de la rue de Lisbonne dans le 8ème Arrondissement de Paris. Son père, Louis Nicolas Frédéric, était propriétaire et sa mère, Cécile Charlotte Thuret, ne travaillait pas. Le jeune homme descend d’une longue et grande lignée de militaires, parmi lesquels le Maréchal Molitor et le Maréchal Ney. Pierre Monnier est un élève brillant et après être passé sur les bancs de l’École des Roches à Verneuil-sur-Avre, il continue ses études en intégrant la Faculté de Droits de l’École des Hautes Études Commerciale de Paris.

Dans les années 1910, il est appelé pour son service militaire, qu’il n’a pas terminé lorsque la guerre éclate. Pierre Monnier est alors Sous-lieutenant au 46ème Régiment d’Infanterie. Le 6 août 1914, il quitte sa caserne de Fontainebleau avec les premiers contingents pour se diriger vers la frontière belge.

Lieutenant Monnier

Pierre Monnier en uniforme du 46° R.I.

D’abord engagé en Belgique, le régiment de la Tour d’Auvergne doit rapidement se replier vers le sud par la vallée de la Meuse. Il oblique ensuite vers l’ouest pour se battre aux portes de l’Argonne. Au cours des combats qui ont lieu dans les environs de Fossé, le Sous-Lieutenant est blessé d’une balle à l’épaule. Évacué vers Paris pour y être soigné, il continue cependant à écrire régulièrement à sa famille et plus particulièrement à sa mère dont il semble très proche.

Les lettres du Lieutenant Monnier – 1ère partie
Les lettres du Lieutenant Monnier – 2ème partie

Une fois soigné, Pierre Monnier rejoint son unité en Argonne avec le grade de Lieutenant. Depuis fin octobre 1914, le 46ème Régiment d’Infanterie combat dans la vallée de l’Aire où il tente de progresser vers Vauquois et sa Butte tant convoitée. Ce secteur est difficile et aux pertes causées par les obus et des balles, il faut ajouter les ravages des maladies, comme le rappelle cette note administrative.

« Le 8 novembre 1914,

Les III° et IV° Armées sont les plus frappées par la fièvre typhoïde. »

J.M.O. de la Direction Générale du Service de Santé du Groupe des Armées d’Opérations – 26 N 212 – S.H.D.

Courant novembre la 10ème Division d’Infanterie glisse vers l’ouest et le 46ème Régiment d’Infanterie occupe désormais des tranchées situées entre le plateau de Bolante et le ravin des Meurissons. Ces nouvelles positions sont sommaires et très mal organisées, ce qui oblige les hommes du jeune officier à effectuer des travaux alors qu’ils subissent les assauts répétés de l’ennemi.

 » Le 5 décembre,

Temps affreux ! Heureusement notre abri continue à résister. Hier nous avons été bombardés. Je voudrais pouvoir me promener librement dans cette belle forêt ! Mes hommes travaillent aux boyaux de communication, aux tranchées, et servent les mortiers. On ne peut guère se rendre compte de visu des résultats obtenus, car sitôt qu’on montre la tête on est salué abondamment et à des distances variant de 30 à 100 mètres les balles n’ont rien d’agréable à recevoir. Nos patrouilles produisent quelques résultats, mais pour faire vraiment bien dans ces bois, il faudrait des Hindous. Le bruit qu’on fait dans les feuilles mortes et les branches rend les surprises très difficiles. Sauf coup de veine, celui qui attaque est à peu près sûr d’échouer et de subir de grosses pertes. »

Lettres du Lieutenant Monnier – Jean des Vignes Rouges
argonne1418.com

Pour les défenseurs de l’Argonne c’est le premier Noël loin des leurs et après cinq mois de combat, ils commencent avoir le mal du pays. Le Lieutenant Monnier profite de la fin de l’année 1914 pour écrire à sa mère.

« 1er janvier 1915,

Maman chérie,

Nous voici en 1915 ! Que nous réserve cette nouvelle année à tous les points de vue. Ce nouveau jour s’est levé comme les autres, dans l’humidité et dans la boue, et rien d’anormal n’est venu inaugurer l’année. Je ne sais s’il en est de même pour vous, mais il me semble que nous sommes dans une autre vie. Ce qui s’est passé avant le mois d’octobre est tellement différent, tellement étranger à ce qui nous entoure à présent qu’on croit l’avoir rêvé. On s’étonne de pouvoir comprendre certains mots, de réaliser certains actes qui ne correspondent plus à rien pour nous. L’humanité qui nous entoure est terre à terre (sans jeu de mots). On pense à manger, à dormir, à être autant que possible au chaud et au sec, à ne pas recevoir de mauvais coups mais à en donner à ceux qui sont devant nous. Ce n’est plus de la vie, c’est de l’animalité, où l’instinct irréfléchi a remplacé l’intelligence. Alors on est tout surpris quand, la conversation ayant dévié sur un mot, on se trouve avoir discuté pendant une heure, art, musique ou philosophie. Et puis, brusquement on retombe dans l’âge de pierre. »

Lettres du Lieutenant Monnier – Jean des Vignes Rouges
argonne1418.com

Malgré la fin d’année, les esprits ne sont pas à la fête dans les tranchées ! Les hommes sont constamment sur leur garde, à tout moment une mine peut emporter leur tranchée et les bombardements quasi quotidiens entretiennent un état de stress permanent.

Le 7 janvier 1915 vers 8h45, l’ennemi fait jouer une mine sous les tranchées du 46ème Régiment d’Infanterie et profite de la cohue causée par l’explosion pour lancer son assaut. Rapidement c’est toute la Haute Chevauchée qui s’embrase et malgré une résistance acharnée, les soldats de la Tour d’Auvergne ne parviennent pas à repousser les allemands qui pénètrent dans les positions du 1er Bataillon. Tout redevient calme à la fin de la journée et le Lieutenant Monnier en profite pour écrire à sa mère.

« 7 janvier au soir,

Chère Maman,

Nous avons été attaqués ce matin très violemment vers 8 heures 1/2, c’est ce qui m’a empêché de t’écrire. Les Boches ont fait sauter une de nos tranchées ; heureusement, les hommes ont très bien tenu, et se sont repliés dans la deuxième ligne à 10 mètres en arrière. L’affaire a été très chaude et nous a coûté cher. Nous avons 3 officiers blessés sans compter notre divisionnaire le général G.* qui a reçu une balle dans l’épaule. Blessure légère, heureusement. Les Allemands ont, de leur côté, perdu beaucoup de monde, et j’ai vu passer quelques prisonniers. J’ai été très occupé naturellement. Il a toujours fait un temps affreux, et pour comble de guigne une inondation s’est produite dans mon gourbi où j’ai maintenant 20 centimètres d’eau; ma paille est trempée.

Au revoir ma chère Maman. J’espère que la journée de demain sera plus tranquille.
Mille bons baisers,

Ton Pierre. »

Lettres du Lieutenant Monnier – Jean des Vignes Rouges
argonne1418.com

 * N.D.A. : Le Général Gouraud effectuait une reconnaissance dans ce secteur. Blessé par balle à l’épaule, il refusera l’évacuation et conservera son commandement.

L’affaire aurait pu en rester là, mais c’était sans compter sur l’acharnement des Allemands qui souhaitent percer le front d’Argonne pour rejoindre leurs camarades du Saillant de Saint-Mihiel et ainsi encercler Verdun. Le lendemain, les artilleurs ennemis déclenchent leur feu vers 8h00 et pilonnent sans relâche les tranchées du secteur de la Haute Chevauché. Une heure plus tard, la préparation cesse et l’infanterie allemande entre en action et parvient à progresser rapidement. Pour le 46ème Régiment d’Infanterie la situation devient très délicate, les pertes s’accumulent et la grande majorité des officiers du régiment ont été tués ou blessés. Plusieurs autres régiments arrivent en renfort, dont les hommes de Garibaldi, mais les soldats de la Tour d’Auvergne ne veulent pas céder et la résistance s’organise.

« C’est alors que l’on vit cet acte sublime qui ne sera jamais enregistré dans l’Histoire, mais que les survivants pourront justifier : les blessés refusant d’abandonner leurs camarades en continuant le coup de feu.

Ils s’organisent dans leur trou. Après un pansement sommaire, les blessés, accroupis, chargeaient leurs propres armes et celles des morts, puis les repassaient sans répit aux défenseurs.

Il était temps, car les fusils de ceux-ci commençaient à chauffer. Ce geste de fraternité devant la mort contribua beaucoup à sauver la situation. Ce feu nourri et sans à coup pouvait laisser croire à une quantité d’hommes beaucoup plus forte.

Malheureusement, les cartouchières des vivants et des morts seront bientôt vides de leur contenu et ces mots :

« Plus de cartouches !… » Courent lugubrement sur toute la ligne comme un glas avertisseur de l’irréparable.

Le Capitaine Courtès envoie trois ou quatre hommes jusqu’à l’abri à munitions où nous nous croyions encore en sûreté quelques heures auparavant.

Si les Allemands profitent de ce moment pour se ressaisir, c’en est fait du sort de ces braves. »

L’épopée Garibaldienne – H.J. Hardouin
Sergent du 46ème R.I. – Éditions R. Debresse – 1939

Cette journée de combat a pratiquement anéanti le 46ème Régiment d’Infanterie, qui est réduit à un petit groupe commandés par le Capitaine Courtès, l’officier le plus gradé en état de combattre..

« 8 janvier 1915 :

A la fin de la journée, le 46° R.I est réduit à la 11° Compagnie et à quelques éléments épars qui porte le total de l’effectif prenant part à l’action à 136 hommes. »

J.M.O. du 46ème R.I. – 26 N 6361 – S.H.D.

Les combats vont encore durer une journée pour les survivants du 46ème Régiment d’Infanterie, qui seront finalement relevés le 9 janvier dans la nuit. Arrivée dans les abris de Pierre Croisée, les hommes peuvent enfin prendre un peu de repos et constater l’ampleur des pertes.

« 9 janvier 1915 :

Les pertes pendant ces trois jours de combat sont de 1600 environ tués, blessés ou disparus. »

J.M.O. du 46ème R.I. – 26 N 6361 – S.H.D.

Dans sa lettre du 7 janvier 1915, Pierre Monnier adressait un « au revoir » à sa « chère Maman ». Celui-ci semble être prémonitoire, puisque le jeune officier fait partie des nombreux gradés du 46ème Régiment d’Infanterie tués au cours de ces trois jours de combats.

« État des pertes du 46ème Régiment d’Infanterie :

7 janvier 1915 :

Lieutenant Schoell, tué. Capitaine Cuvillier, Fleury, Sous-Lieutenant Latapie blessés.

8 janvier 1915 :

Tués : Commandant Darc, Capitaine Demeunynek, Lieutenant Monnier.

Blessés : Lieutenant-Colonel Roller, Médecin Major de 1° Classe Gerboux, Lieutenant Colin, Lieutenant Visconti, Lieutenant Rabate (doit être prisonnier), Commandant Peyronnet.

Disparus : Commandant Guinard, Capitaine Faucher, Capitaine Tortochat, Capitaine Salmon, Lieutenant Caze, Sous-Lieutenant Terral, Sous-Lieutenant Cretenet, Sous-Lieutenant Hardillier, Sous-Lieutenant Talabat, Sous-Lieutenant Martin, Sous-Lieutenant Lonbens, Sous-Lieutenant Girois, Sous-Lieutenant Geran. »

J.M.O. du 46ème R.I. – 26 N 6361 – S.H.D.

La ténacité des soldats du 46ème Régiment d’Infanterie pendant cette attaque allemande, prouve qu’ils sont bien les dignes héritiers du Capitaine Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne-Corret et de ses dernières paroles lors de la bataille de Hohenlinden en 1800.

« Je meurs content, j’ai toujours rêvé de finir ainsi ma carrière. »

Le Lieutenant Monnier sera d’abord inhumé au Claon avant que son corps ne soit transféré vers un autre cimetière après la guerre.

Première fiche « Mort pour la France » du Lieutenant Monnier
Seconde fiche « Mort pour la France » du Lieutenant Monnier

Déjà cité à l’ordre de la IIIème Armée en août 1914, le jeune officier l’est de nouveau par le 46ème Régiment d’Infanterie en janvier 1915 et enfin par la IVème Armée en août 1915. Ces trois citations lui ont valu d’être décoré de la Croix de Guerre 1914-1918 à titre posthume et plus tard d’être élevé au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur. Il sera également inscrit dans le Livre d’Or de la Faculté de Droits de Paris et dans celui de l’École des Roches.

« Prit une part glorieuse aux combats sous Verdun. Gravement blessé au cours d’une charge à la baïonnette, ne consentit à quitter le combat qu’après la réussite de cette attaque. Revenu sur le front à peine guéri, se distingua de nouveau le 8 janvier 1915, fut atteint d’une balle au cœur, en défendant héroïquement le P.C. de son Colonel blessé. »

« Officier rempli d’allant et de bravoure. Le 8 janvier 1915, au cours d’une attaque allemande qui était parvenue jusqu’au poste de commandement de son Colonel, s’est élancé sur l’assaillant à la tête de quelques braves; est tombé glorieusement au cours de l’action. A été cité. »

Citations du Lieutenant Monnier

L’histoire de ce jeune officier aurait pu s’arrêter après son décès, mais il fera à nouveau parler de lui peu après la guerre,

Haute Chevauchée - Monnier plan court

Stèle en mémoire du Lieutenant Monnier – Photographie E.M.

En 1920, sa mère Cécile Monnier publie un livre intitulé « Je suis vivant : lettres de Pierre, soldat de France, soldat du Christ », dans lequel elle affirme avoir retranscrit des messages que le jeune militaire lui aurait envoyé par psychographie. La première communication aurait eu lieu le 5 août 1918, soit plus de trois ans après le décès du jeune officier et elles s’arrêteront le 19 janvier 1937. Au cours de cette période, Cécile Monnier publiera plusieurs livres regroupant les idées théologiques transmises par son fils.

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Un ancien préfet s’en va en guerre

Fils de Charles Paul et de Breard Émilie Aimée Charlotte, Henri Paul François Marie Collignon est né le 2 octobre 1856 à Caudéran en Gironde. Diplômé en droits, il occupe dans un premier temps des postes au sein de plusieurs cabinets préfectoraux, avant de devenir à son tour Préfet de la Corrèze.

Portrait Collignon

Portrait d’Henri Collignon – Collection privée

Le 21 décembre 1895, Henri Collignon est fait Chevalier de la Légion d’Honneur et continue sa brillante carrière de haut fonctionnaire. En 1906, il quitte ses fonctions de Préfet du Finistère pour se mettre en disponibilité. Pendant plusieurs années, il se consacre entièrement à ses livres et refuse tous les postes qui lui sont proposés. Il ne reprend sa carrière qu’en 1912, en devenant d’abord Conseiller Municipal de la ville de Saint-Georges-de-Didonne, avant d’être rappelé par le Président Armand Fallières pour devenir Secrétaire Général de la Présidence de la République Française à l’Élysée. L’année suivante, Raymond Poincaré est élu Président et Henri Collignon conserve son poste quelques mois avant de devenir Conseiller d’État.

Le 1° août 1914, la France décrète la mobilisation générale, mais le Conseiller d’État Collignon qui est âgé de 58 ans, n’est pas appelé. Il tient cependant défendre son pays et décide de s’engager volontairement en se présentant le 6 août au Colonel Malleterre, commandant le 46° Régiment d’Infanterie pour rejoindre cette unité. L’officier lui explique qu’il est trop âgé pour être enrôlé, mais Henri Collignon insiste en rétorquant que ce problème a été réglé en haut lieu et qu’il dispose déjà de son équipement. Malleterre fini par accepter et propose les galons d’officier au haut fonctionnaire qui les refusent et demande a être intégré comme simple soldat. Malleterre le nomme Soldat de 1° Classe et lui assigne la fonction de porte-drapeau du régiment. Avant de laisser partir sa nouvelle recrue, le Colonel lui demande pourquoi avoir choisis son unité plutôt qu’une autre, Collignon lui réponds en souriant qu’il voulait servir dans l’unité de la Tour d’Auvergne.

Collignon retour de Vauquois  mars 1915

Après plusieurs jours de combat, le 46° Régiment d’Infanterie arrive à Aubréville en mars 1915, le Soldat Collignon porte fièrement les couleurs du régiment – Presse d’époque – Collection E.M.

Malgré son rang et suivant ses instructions, l’ancien Préfet ne dispose d’aucun traitement de faveur. Il rejoint le front à pied, en partageant la soupe et le gîte de la troupe.

Les autres soldats sont surpris par la volonté de ce vieil homme comme le relate l’un d’eux dans son livre :

« Nous allions péniblement et machinalement comme des moutons derrière leur berger. Seul un homme nous montrait l’exemple de l’endurance. Équipe à ses frais, donc flambant neuf, un Soldat de 2° Classe engagé volontaire à 58 ans, ancien conseiller d’État, Monsieur Collignon, nous inspirait courage et confiance. De forte corpulence, portant beau en dépit des années, nous le vénérions déjà sans le connaître. Sa belle barbe blanche et, surtout la croix de la légion d’honneur qui ornait sa poitrine nous inspirait le respect. »

Extrait de Avec les bleus du 1° grenadier de France

Henry Jacques Hardouin

En Argonne, le régiment de la Tour d’Auvergne est déployé dans les secteurs de la Haute Chevauchée et de Vauquois.

Vauquois pendant la guerre - E.M.

Vauquois pendant la guerre – Collection E.M.

Le 15 mars 1915, les soldats de l’unité se trouvent dans des abris au pied de la Butte de Vauquois. Au cours de la journée, un bombardement éclate sur le secteur en surprenant plusieurs hommes. L’un d’eux s’effondre et appelle ses camarades à l’aide, Henri Collignon l’entend et s’élance sous la pluie d’obus pour le secourir, mais un éclat le blesse mortellement.

Coordonnées G.P.S. : N 49° 12′ 12,8″ – E 005° 04′ 17,4″

Henri Collignon a deux fiches « Mort pour la France » :

Première fiche « Mort pour la France »
Deuxième fiche « Mort pour la France »

Inhumé le 18 mars 1915 dans le carré militaire du cimetière d’Aubréville, le corps d’Henri Collignon est transféré, après la guerre son corps, à la tombe 1396 de la Nécropole Nationale de Vauquois, où il repose encore aujourd’hui.

Pano NN Vauquois - E.M.

Panorama de la Nécropole Nationale de Vauquois – Photographie E.M.

Au pied de la Butte, une plaque rappelle son sacrifice.

Bâtiment sur lequel est apposé la plaque commémorant le sacrifice d’Henri Collignon – Photographie E.M.

Plaque rappelant le dévouement du Conseiller d’État Collignon – Photographie E.M.

Une stèle sera aussi installée au  bord de la route menant au sommet de la Butte de Vauquois pour rappeler la vie et le dévouement de ce Conseiller d’État de 58 ans, qui s’est engagé volontairement dans l’armée pour défendre son pays comme simple soldat.

Stèle Collignon

Stèle rappelant le dévouement du Conseiller d’État Henri Collignon – Photographie E.M.