Un mort bien bavard

Si la signature de l’armistice du 11 novembre 1918, marque la fin des combats, il faudra plusieurs mois pour que l’Europe prenne conscience des pertes humaines et matérielles colossales qu’ont causées ces quatre années de guerre.

Dès la fin de 1918, la France commence à reconstruire ses villages, ses villes et les familles commencent le deuil de leurs proches tombés au champ d’honneur. Un peu partout des monuments et des cénotaphes sont érigés pour rappeler la mémoire d’un disparu ou l’héroïsme d’un groupe d’hommes. L’Argonne n’échappe à cette règle, lorsque le Comité Commémoratif d’Argonne, sous l’impulsion de sa présidente la Comtesse de Martimprey, inaugure le 30 juillet 1922, l’Ossuaire de la Haute Chevauchée. L’obélisque de pierre se dresse sur les lieux même où son mari, le Capitaine Jean de Martimprey, a disparu le 13 juillet 1915. Depuis ce monument regroupe dans sa crypte les ossements de tous les corps non identifiés, qui ont été retrouvés sur le champ de bataille Argonnais. Non loin de l’Ossuaire, dans le fond du ravin des Meurissons, une petite stèle au bord d’un sentier, rappelle le sacrifice d’un jeune officier du 46ème Régiment d’Infanterie.

Stèle Monnier - Mikaël EMBRY large

Stèle du Lieutenant Monnier au fond du ravin des Meurissons – Photographie E.M.

C’est le 8 juin 1891 que Pierre Alfred Rodolphe Frédéric Monnier voit le jour au 45 de la rue de Lisbonne dans le 8ème Arrondissement de Paris. Son père, Louis Nicolas Frédéric, était propriétaire et sa mère, Cécile Charlotte Thuret, ne travaillait pas. Le jeune homme descend d’une longue et grande lignée de militaires, parmi lesquels le Maréchal Molitor et le Maréchal Ney. Pierre Monnier est un élève brillant et après être passé sur les bancs de l’École des Roches à Verneuil-sur-Avre, il continue ses études en intégrant la Faculté de Droits de l’École des Hautes Études Commerciale de Paris.

Dans les années 1910, il est appelé pour son service militaire, qu’il n’a pas terminé lorsque la guerre éclate. Pierre Monnier est alors Sous-lieutenant au 46ème Régiment d’Infanterie. Le 6 août 1914, il quitte sa caserne de Fontainebleau avec les premiers contingents pour se diriger vers la frontière belge.

Lieutenant Monnier

Pierre Monnier en uniforme du 46° R.I.

D’abord engagé en Belgique, le régiment de la Tour d’Auvergne doit rapidement se replier vers le sud par la vallée de la Meuse. Il oblique ensuite vers l’ouest pour se battre aux portes de l’Argonne. Au cours des combats qui ont lieu dans les environs de Fossé, le Sous-Lieutenant est blessé d’une balle à l’épaule. Évacué vers Paris pour y être soigné, il continue cependant à écrire régulièrement à sa famille et plus particulièrement à sa mère dont il semble très proche.

Les lettres du Lieutenant Monnier – 1ère partie
Les lettres du Lieutenant Monnier – 2ème partie

Une fois soigné, Pierre Monnier rejoint son unité en Argonne avec le grade de Lieutenant. Depuis fin octobre 1914, le 46ème Régiment d’Infanterie combat dans la vallée de l’Aire où il tente de progresser vers Vauquois et sa Butte tant convoitée. Ce secteur est difficile et aux pertes causées par les obus et des balles, il faut ajouter les ravages des maladies, comme le rappelle cette note administrative.

« Le 8 novembre 1914,

Les III° et IV° Armées sont les plus frappées par la fièvre typhoïde. »

J.M.O. de la Direction Générale du Service de Santé du Groupe des Armées d’Opérations – 26 N 212 – S.H.D.

Courant novembre la 10ème Division d’Infanterie glisse vers l’ouest et le 46ème Régiment d’Infanterie occupe désormais des tranchées situées entre le plateau de Bolante et le ravin des Meurissons. Ces nouvelles positions sont sommaires et très mal organisées, ce qui oblige les hommes du jeune officier à effectuer des travaux alors qu’ils subissent les assauts répétés de l’ennemi.

 » Le 5 décembre,

Temps affreux ! Heureusement notre abri continue à résister. Hier nous avons été bombardés. Je voudrais pouvoir me promener librement dans cette belle forêt ! Mes hommes travaillent aux boyaux de communication, aux tranchées, et servent les mortiers. On ne peut guère se rendre compte de visu des résultats obtenus, car sitôt qu’on montre la tête on est salué abondamment et à des distances variant de 30 à 100 mètres les balles n’ont rien d’agréable à recevoir. Nos patrouilles produisent quelques résultats, mais pour faire vraiment bien dans ces bois, il faudrait des Hindous. Le bruit qu’on fait dans les feuilles mortes et les branches rend les surprises très difficiles. Sauf coup de veine, celui qui attaque est à peu près sûr d’échouer et de subir de grosses pertes. »

Lettres du Lieutenant Monnier – Jean des Vignes Rouges
argonne1418.com

Pour les défenseurs de l’Argonne c’est le premier Noël loin des leurs et après cinq mois de combat, ils commencent avoir le mal du pays. Le Lieutenant Monnier profite de la fin de l’année 1914 pour écrire à sa mère.

« 1er janvier 1915,

Maman chérie,

Nous voici en 1915 ! Que nous réserve cette nouvelle année à tous les points de vue. Ce nouveau jour s’est levé comme les autres, dans l’humidité et dans la boue, et rien d’anormal n’est venu inaugurer l’année. Je ne sais s’il en est de même pour vous, mais il me semble que nous sommes dans une autre vie. Ce qui s’est passé avant le mois d’octobre est tellement différent, tellement étranger à ce qui nous entoure à présent qu’on croit l’avoir rêvé. On s’étonne de pouvoir comprendre certains mots, de réaliser certains actes qui ne correspondent plus à rien pour nous. L’humanité qui nous entoure est terre à terre (sans jeu de mots). On pense à manger, à dormir, à être autant que possible au chaud et au sec, à ne pas recevoir de mauvais coups mais à en donner à ceux qui sont devant nous. Ce n’est plus de la vie, c’est de l’animalité, où l’instinct irréfléchi a remplacé l’intelligence. Alors on est tout surpris quand, la conversation ayant dévié sur un mot, on se trouve avoir discuté pendant une heure, art, musique ou philosophie. Et puis, brusquement on retombe dans l’âge de pierre. »

Lettres du Lieutenant Monnier – Jean des Vignes Rouges
argonne1418.com

Malgré la fin d’année, les esprits ne sont pas à la fête dans les tranchées ! Les hommes sont constamment sur leur garde, à tout moment une mine peut emporter leur tranchée et les bombardements quasi quotidiens entretiennent un état de stress permanent.

Le 7 janvier 1915 vers 8h45, l’ennemi fait jouer une mine sous les tranchées du 46ème Régiment d’Infanterie et profite de la cohue causée par l’explosion pour lancer son assaut. Rapidement c’est toute la Haute Chevauchée qui s’embrase et malgré une résistance acharnée, les soldats de la Tour d’Auvergne ne parviennent pas à repousser les allemands qui pénètrent dans les positions du 1er Bataillon. Tout redevient calme à la fin de la journée et le Lieutenant Monnier en profite pour écrire à sa mère.

« 7 janvier au soir,

Chère Maman,

Nous avons été attaqués ce matin très violemment vers 8 heures 1/2, c’est ce qui m’a empêché de t’écrire. Les Boches ont fait sauter une de nos tranchées ; heureusement, les hommes ont très bien tenu, et se sont repliés dans la deuxième ligne à 10 mètres en arrière. L’affaire a été très chaude et nous a coûté cher. Nous avons 3 officiers blessés sans compter notre divisionnaire le général G.* qui a reçu une balle dans l’épaule. Blessure légère, heureusement. Les Allemands ont, de leur côté, perdu beaucoup de monde, et j’ai vu passer quelques prisonniers. J’ai été très occupé naturellement. Il a toujours fait un temps affreux, et pour comble de guigne une inondation s’est produite dans mon gourbi où j’ai maintenant 20 centimètres d’eau; ma paille est trempée.

Au revoir ma chère Maman. J’espère que la journée de demain sera plus tranquille.
Mille bons baisers,

Ton Pierre. »

Lettres du Lieutenant Monnier – Jean des Vignes Rouges
argonne1418.com

 * N.D.A. : Le Général Gouraud effectuait une reconnaissance dans ce secteur. Blessé par balle à l’épaule, il refusera l’évacuation et conservera son commandement.

L’affaire aurait pu en rester là, mais c’était sans compter sur l’acharnement des Allemands qui souhaitent percer le front d’Argonne pour rejoindre leurs camarades du Saillant de Saint-Mihiel et ainsi encercler Verdun. Le lendemain, les artilleurs ennemis déclenchent leur feu vers 8h00 et pilonnent sans relâche les tranchées du secteur de la Haute Chevauché. Une heure plus tard, la préparation cesse et l’infanterie allemande entre en action et parvient à progresser rapidement. Pour le 46ème Régiment d’Infanterie la situation devient très délicate, les pertes s’accumulent et la grande majorité des officiers du régiment ont été tués ou blessés. Plusieurs autres régiments arrivent en renfort, dont les hommes de Garibaldi, mais les soldats de la Tour d’Auvergne ne veulent pas céder et la résistance s’organise.

« C’est alors que l’on vit cet acte sublime qui ne sera jamais enregistré dans l’Histoire, mais que les survivants pourront justifier : les blessés refusant d’abandonner leurs camarades en continuant le coup de feu.

Ils s’organisent dans leur trou. Après un pansement sommaire, les blessés, accroupis, chargeaient leurs propres armes et celles des morts, puis les repassaient sans répit aux défenseurs.

Il était temps, car les fusils de ceux-ci commençaient à chauffer. Ce geste de fraternité devant la mort contribua beaucoup à sauver la situation. Ce feu nourri et sans à coup pouvait laisser croire à une quantité d’hommes beaucoup plus forte.

Malheureusement, les cartouchières des vivants et des morts seront bientôt vides de leur contenu et ces mots :

« Plus de cartouches !… » Courent lugubrement sur toute la ligne comme un glas avertisseur de l’irréparable.

Le Capitaine Courtès envoie trois ou quatre hommes jusqu’à l’abri à munitions où nous nous croyions encore en sûreté quelques heures auparavant.

Si les Allemands profitent de ce moment pour se ressaisir, c’en est fait du sort de ces braves. »

L’épopée Garibaldienne – H.J. Hardouin
Sergent du 46ème R.I. – Éditions R. Debresse – 1939

Cette journée de combat a pratiquement anéanti le 46ème Régiment d’Infanterie, qui est réduit à un petit groupe commandés par le Capitaine Courtès, l’officier le plus gradé en état de combattre..

« 8 janvier 1915 :

A la fin de la journée, le 46° R.I est réduit à la 11° Compagnie et à quelques éléments épars qui porte le total de l’effectif prenant part à l’action à 136 hommes. »

J.M.O. du 46ème R.I. – 26 N 6361 – S.H.D.

Les combats vont encore durer une journée pour les survivants du 46ème Régiment d’Infanterie, qui seront finalement relevés le 9 janvier dans la nuit. Arrivée dans les abris de Pierre Croisée, les hommes peuvent enfin prendre un peu de repos et constater l’ampleur des pertes.

« 9 janvier 1915 :

Les pertes pendant ces trois jours de combat sont de 1600 environ tués, blessés ou disparus. »

J.M.O. du 46ème R.I. – 26 N 6361 – S.H.D.

Dans sa lettre du 7 janvier 1915, Pierre Monnier adressait un « au revoir » à sa « chère Maman ». Celui-ci semble être prémonitoire, puisque le jeune officier fait partie des nombreux gradés du 46ème Régiment d’Infanterie tués au cours de ces trois jours de combats.

« État des pertes du 46ème Régiment d’Infanterie :

7 janvier 1915 :

Lieutenant Schoell, tué. Capitaine Cuvillier, Fleury, Sous-Lieutenant Latapie blessés.

8 janvier 1915 :

Tués : Commandant Darc, Capitaine Demeunynek, Lieutenant Monnier.

Blessés : Lieutenant-Colonel Roller, Médecin Major de 1° Classe Gerboux, Lieutenant Colin, Lieutenant Visconti, Lieutenant Rabate (doit être prisonnier), Commandant Peyronnet.

Disparus : Commandant Guinard, Capitaine Faucher, Capitaine Tortochat, Capitaine Salmon, Lieutenant Caze, Sous-Lieutenant Terral, Sous-Lieutenant Cretenet, Sous-Lieutenant Hardillier, Sous-Lieutenant Talabat, Sous-Lieutenant Martin, Sous-Lieutenant Lonbens, Sous-Lieutenant Girois, Sous-Lieutenant Geran. »

J.M.O. du 46ème R.I. – 26 N 6361 – S.H.D.

La ténacité des soldats du 46ème Régiment d’Infanterie pendant cette attaque allemande, prouve qu’ils sont bien les dignes héritiers du Capitaine Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne-Corret et de ses dernières paroles lors de la bataille de Hohenlinden en 1800.

« Je meurs content, j’ai toujours rêvé de finir ainsi ma carrière. »

Le Lieutenant Monnier sera d’abord inhumé au Claon avant que son corps ne soit transféré vers un autre cimetière après la guerre.

Première fiche « Mort pour la France » du Lieutenant Monnier
Seconde fiche « Mort pour la France » du Lieutenant Monnier

Déjà cité à l’ordre de la IIIème Armée en août 1914, le jeune officier l’est de nouveau par le 46ème Régiment d’Infanterie en janvier 1915 et enfin par la IVème Armée en août 1915. Ces trois citations lui ont valu d’être décoré de la Croix de Guerre 1914-1918 à titre posthume et plus tard d’être élevé au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur. Il sera également inscrit dans le Livre d’Or de la Faculté de Droits de Paris et dans celui de l’École des Roches.

« Prit une part glorieuse aux combats sous Verdun. Gravement blessé au cours d’une charge à la baïonnette, ne consentit à quitter le combat qu’après la réussite de cette attaque. Revenu sur le front à peine guéri, se distingua de nouveau le 8 janvier 1915, fut atteint d’une balle au cœur, en défendant héroïquement le P.C. de son Colonel blessé. »

« Officier rempli d’allant et de bravoure. Le 8 janvier 1915, au cours d’une attaque allemande qui était parvenue jusqu’au poste de commandement de son Colonel, s’est élancé sur l’assaillant à la tête de quelques braves; est tombé glorieusement au cours de l’action. A été cité. »

Citations du Lieutenant Monnier

L’histoire de ce jeune officier aurait pu s’arrêter après son décès, mais il fera à nouveau parler de lui peu après la guerre,

Haute Chevauchée - Monnier plan court

Stèle en mémoire du Lieutenant Monnier – Photographie E.M.

En 1920, sa mère Cécile Monnier publie un livre intitulé « Je suis vivant : lettres de Pierre, soldat de France, soldat du Christ », dans lequel elle affirme avoir retranscrit des messages que le jeune militaire lui aurait envoyé par psychographie. La première communication aurait eu lieu le 5 août 1918, soit plus de trois ans après le décès du jeune officier et elles s’arrêteront le 19 janvier 1937. Au cours de cette période, Cécile Monnier publiera plusieurs livres regroupant les idées théologiques transmises par son fils.

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Abri du Lieutenant Regaud

En plus d’être un immense champ de bataille, l’Argonne a aussi servi de zone d’expérimentation. Les ingénieurs militaires ont ainsi testés plusieurs armes ou matériels, mais ils ont aussi étudié les moyens permettant de protéger activement les combattants. Les vestiges de ces expériences sont aujourd’hui très rares. L’un d’eux est facilement accessible puisqu’il se trouve le long de la route de la Haute Chevauchée, à deux pas du Ravin du Génie.

Coordonnées G.P.S. du site : N 49° 10′ 55,8″ – E 005° 00′ 18,4″

Haute Chevauchée - Regaud OK

Prototype d’abri pour guetteur du Lieutenant Regaud

Il s’agit en fait d’un prototype d’abri pour guetteurs inventé par le Lieutenant Regaud, de l’État-Major du Génie de la 9° Division d’Infanterie. Grâce à un plan daté du 25 août 1915, conservé au Service Historique de la Défense, on peut estimer qu’il a été construit pendant la seconde moitié de l’année 1915.

Il est constitué de blocs de béton empilés les uns sur les autres et qui étaient préfabriqués à l’arrière avant d’être acheminés sur le front. Sur sa face avant, on remarque deux potences qui permettaient de poser une boîte à verre par laquelle le guetteur pouvait regarder les lignes adverses sans craindre les tirs ennemis. Cette boîte était composée de plusieurs feuilles de verre collées et elle était escamotable pour permettre à l’observateur d’utiliser un fusil.

De l’histoire au blockhaus du Lieutenant de Courson

En venant visiter les champs de bataille de l’Argonne, les pèlerins et les touristes passent souvent par la route de la Haute Chevauchée. En arrivant au carrefour de la Croix de Pierre, ils croisent au bord de cette dernière un petit blockhaus.

Coordonnées G.P.S. du blockhaus : N 49° 09′ 01,6″ – E 005° 00′ 52,5″

Blockhaus de Courson - Général

Abri de Courson le long de la Haute Chevauchée

Ce blockhaus appelé dans la région « Abri de Courson », comporte un cartouche avec cette inscription :

ABRI
LIEUTENANT
DE COURSON
TUE GLORIEUSEMENT
1915

Blockhaus de Courson - Cartouche

Cartouche du blockhaus

Contrairement à ce que peut laisser penser cette dernière, le Lieutenant de Courson n’est pas mort dans les environs en 1915. Voyons donc qui était cet officier…

Le Lieutenant Robert Armand Marie de Courson de la Villeneuve est issu d’une vieille famille bretonne, fortement liée à l’histoire de France. Elle compte en effet, de nombreux hommes de guerre depuis le Croisé Robert de Courson qui combattu en 1249 jusqu’aux officiers ayant participés aux différents conflits du XX° siècle.

Portrait de Robert de Courson de la Villeneuve

Portrait de Robert de Courson de la Villeneuve – Collection H. de CLERCK

Robert Armand Marie de Courson de la Villeneuve est né le 29 mai 1878 à Tours dans l’Indre-et-Loire. Sixième enfant du Général Arthur de Courson de la Villeneuve et de sa femme Marie, il avait quatorze frères et sœurs.

Parents de Robert de Courson de la Villeneuve

Les parents de Robert de Courson de la Villeneuve – Collection H. de CLERCK

Enfants de Courson

Robert de Courson de la Villeneuve avec ses frères et sœurs  – Collection H. de CLERCK

Le 14 novembre 1896, alors qu’il n’a que 18 ans, il choisit de s’engager volontairement dans l’armée à la mairie de Lille. Il rejoint le jour même, la caserne lilloise du 43° Régiment d’Infanterie, où il est intégré avec le grade de Soldat de 2° Classe. Le jeune homme est nommé Caporal le 16 mai 1897, avant de prendre le grade de Sergent en novembre de la même année. Début avril 1898, une décision du Général commandant la 1° Brigade d’Infanterie, l’affecté au 13° Régiment d’Infanterie de Nevers, qu’il rejoint le 17 avril en conservant son grade. L’année suivante, il se réengage pour trois ans, avant d’être d’intégrer le 18 avril 1900 à l’École Militaire d’Infanterie.

A sa sortie de Saint-Maixent en 1901, il est affecté au 84° Régiment d’Infanterie qui est encaserné dans le Nord. Il est Sous-Lieutenant lorsqu’il épouse l’année suivante, Mademoiselle Peslin Madeleine avec qui il aura quatre enfants : Hubert, Jacqueline, Brigitte et Colette.

Robert de Courson de la Villeneuve et son épouse

Robert de Courson de la Villeneuve et son épouse – Collection H. de CLERCK

Robert de Courson de la Villeneuve et ses enfants

Robert de Courson de la Villeneuve et ses enfants – Collection H. de CLERCK

En 1903 il est promu au grade de Lieutenant avant de prendre, quatre ans plus tard, un congé sans solde. Il réintègre finalement l’armée en 1909 pour rejoindre les rangs du 82° Régiment d’Infanterie de Montargis. Dans un premier temps, il commandera la 8° Compagnie du régiment.

82° R.I. - 8° Cie

Le Lieutenant de Courson de la Villeneuve et la8° Compagnie du 82° Régiment d’Infanterie – Collection privée

Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France et dans les jours qui suivent toute l’Europe plonge dans le chaos.Le Lieutenant de Courson commande alors la Section de Mitrailleuses du 2° Bataillon du 82° Régiment d’Infanterie. Peu après la déclaration de guerre, le 82° Régiment d’Infanterie quitte en train, ses casernes de Montargis et de Troyes. Pour rester en contact avec sa famille, le Lieutenant écrit de nombreux courriers. Sa première lettre est envoyée de Nogent-sur-Marne le 5 août 1914 et montre dans quel état d’esprit il se trouve, lui et ses hommes :

« Nous sommes toujours en wagon. Très gais, nous disons mille blagues et jouons au bridge. Les hommes chantent sans arrêt et reçoivent des fleurs et du papier à lettres des femmes qui regardent arriver les trains. Je suis avec B-D-L-P et nous n’arrêtons pas de plaisanter. Nous avons appris à midi que l’Angleterre marchait sûrement et faisait venir l’armée des Indes et les Canadiens. La Hollande a été foulée par les armées allemandes. Son armée se mettra peut être aussi de la partie.
Nous arrivons à Troyes et apprenons que nous serons envoyés de suite à Lérouville où nous arriverons le 6 août à 2 heures du matin. Je vais à merveille, aux gares on nous distribue du bon café.
Bon courage… »

Le 82° Régiment d’Infanterie se rend dans le Nord-est de la France pour se placer le long des frontières avec la Belgique. En arrivant sur place le lendemain, le Lieutenant écrit un autre courrier :

« Nous voici à 40 km de la frontière. La 9° Division est massée à Saint Michel. Il fait beau. Les santés sont excellentes et l’entrain merveilleux. »

Ces lettres nous permettent de comprendre dans quel état d’esprit se trouve la grande majorité des militaires français. Ils sont heureux de partir en guerre et se voit déjà victorieux. Les premières victoires en Alsace leur donne raison et le Lieutenant en parle dans une lettre du 10 août :

« Tu as sans doute lu chaque jour les nouvelles affichées à la mairie. C’est splendide! Nous voilà victorieux; il me semble vivre un rêve. nous envions nos camarades d’Alsace qui viennent de passer des moments inoubliables. Nous avons quitté hier le point où nous étions restés trois jours, pour remonter de 30 km au Nord-ouest. Nous pensons que le moment ne tardera pas pour nous de foncer. Impossible de t’en dire plus long. Toujours en excellente forme, je suis enchanté de cette existence passionnante. »

Malheureusement cette situation va vite changer avec les premières défaites sur les frontières. Les allemands repoussent les troupes françaises vers le Sud, en direction de Paris. Cette retraite à un effet négatif sur le moral de la troupe et le Lieutenant n’échappe pas à la règle lorsqu’il écrit le 30 août :

« Encore deux batailles 29 et 30. Régiment peu exposé n’a pas souffert. Suis en excellente santé et désolé seulement de cette défensive. Nous passons la nuit dans les bois où nous dormons très bien avec la paille en abondance. Les vivres arrivent bien. Je n’ai aucune fatigue m’étant remonté avec un cheval de chasseur échappé sur le champ de bataille. Il est excellent. »

Le 1° septembre, le 82° Régiment d’Infanterie quitte la vallée de la Meuse à Dun-sur-Meuse pour se diriger sur Cléry-le-Grand. Les 10° et 12° Compagnies se mettent en position dans le bois au Sud du village et le 1° Bataillon se place le long de l’Audon pour ralentir la progression de l’ennemi. Ils finissent par se replier et vers 18 h 45, le régiment reçoit l’ordre de reculer sur Cunel. A la nuit, l’unité se trouve, aux portes Nord-est de l’Argonne, à Cierges-sous-Montfaucon. Le Général Marquet rejoint le 82° Régiment d’Infanterie à minuit et lui ordonne d’aller bivouaquer à Nantillois. Les pertes du régiment sont importantes et deux officiers ont été tués lors des combats de cette journée.

Les hommes arrivent au bivouac vers 2 h 00 du matin et trois heures plus tard, après une courte nuit, ils sont réveillés afin de se préparer au départ. A 6 h 00, le régiment fait mouvement vers Ivoiry et rejoint d’autres unités dans un ravin entre Epinonville et Ivoiry. A 9 h 00, le rassemblement est terminé et le régiment doit rejoindre Varennes-en-Argonne en passant par Véry et Cheppy. En arrivant dans le village à midi, le 1° Bataillon reçoit d’abord l’ordre de se rendre au Four-de-Paris pour soutenir la cavalerie, mais un contre-ordre le fait s’arrêter sur la face Nord de la Côte 207. Le 2° Bataillon se rend à Montblainville et le 3° Bataillon se place en réserve à la Côte 207. Ces mouvement sont terminés vers 15 h 00, sans incidents notoires et en fin de journée l’ennemi ne s’est toujours pas montré.

La III° Armée, dont fait partie le régiment, est en train de verrouiller la vallée de l’Aire et va tenter de stopper les allemands autour du village où Louis XVI fut arrêté.

Le  3 septembre à 5 h 00 du matin, le 82° Régiment d’Infanterie reçoit l’ordre de se rassembler à la sortie de Varennes-en-Argonne, à l’Ouest de l’actuelle Route Départementale 946. Une fois sur place, il est chargé de tenir ,avec le reste de la 17° Brigade d’Infanterie, le front allant du « V » de Vauquois à la lisière Est de la forêt d’Argonne. Le 1° Bataillon va soutenir la cavalerie au Four-de-Paris, le second se place entre la Côte 207 et Boureuilles et le dernier occupe le terrain entre les pentes Nord du « V » de Vauquois et l’Aire. Le Lieutenant de Courson et ses mitrailleurs mettent leurs pièces en batterie dans les positions du 2° Bataillon.

Les obus commencent à tombés vers 11 h 00 et rapidement un violent combat s’éclate entre français et allemands. Vers 13 h 00, le 3° Bataillon voyant sa droite menacée et craignant d’être encerclé amorce un mouvement de repli, mais il reçoit imméditement l’ordre de reprendre sa position initiale. Une heure plus tard, c’est le 2° Bataillon qui commence à reculer, mais comme le précédent on lui ordonne de reprendre sa place sur la Côte 207. Dans les heures qui suivent la 5° Compagnie du 2° Bataillon, qui occuper la lisière Est de la forêt d’Argonne, est contrainte de reculer sous la pression. A 19 h 30 et après une après-midi entière de combat, le Colonel commandant le 82° Régiment d’Infanterie reçoit l’ordre de se replier sur Parois alors que la quasi totalité de ses Bataillons avaient réussit à conserver leurs positions et ce malgré la quarantaine d’hommes mis hors de combat.

Les soldats passent par Neuvilly-en-Argonne puis Aubréville et arrivent à Parois vers 23 h 00. Dans la nuit  l’ordre général n°45 arrive et annonce :

« Le 5° Corps d’Armée se portera demain 4 septembre dans la région de Triaucourt, Froidos, qu’il devra atteindre pour 9 h 00, couvert par une arrière-garde sur la ligne Clermont-en-Argonne, Auzéville et une arrière-garde aux Islettes.
Marche en une colonne. Itinéraire : Clermont-en-Argonne, Froidos, Waly, Foucaucourt-sur-Thabas. […] L’arrière garde de la colonne formée par le 8° Chasseurs, la 18° Batterie et l’Artillerie Divisionnaire 9, sous les ordres du Général commandant la 9° Division d’Infanterie. Son mouvement  sera réglé de manière qu’elle n’atteigne pas la ligne Clermont-en-Argonnne, Auzéville avant 9 h00. […] Le détachement des Islettes réduit à un régiment et un peloton du 8° Chasseurs opérera en liaison avec l’arrière-garde du Corps d’Armée. Direction éventuelle de repli sur Brizeaux par Futeau. Le Bataillon du 82° Régiment d’Infanterie (au Four-de-Paris) et le groupe de l’Artillerie Divisionnaire 10 affecté au détachement des Islettes, se porteront par Les Islettes et Futeau sur Brizeaux (mouvement réglé par le commandant du Bataillon du 82° Régiment d’Infanterie de concert avec la 7° Division de Cavalerie. »

Extrait du J.M.O. du 82° Régiment d’Infanterie
Service Historique de la Défense – 26 N 665/1

Le 4 septembre 1914, les 9° et 10° Divisions d’Infanterie se replient suivant les ordres donnés par le commandant du Corps la veille et laissent Clermont-en-Argonne et Sœur Gabrielle aux mains de l’ennemi. Le 82° Régiment d’Infanterie, sans le 1° Bataillon, rejoint la colonne et arrive le soir à Lavoye, où il cantonne. Le lendemain, le régiment est placé l’arrière-garde de la 9° Division d’Infanterie lorsqu’elle évacue la région de Lavoye à 5 h 30. Il se dirige ensuite vers Waly par Froidos et va occuper la Côte 222 dans les environs de Evres. A 11 h 00, on lui demande de former les avant-postes de la Division au Nord de Pretz-en-Argonne. Il change donc de position pour établir une ligne de résistance passant par la masse d’arbres, la Côte 239, le boqueteau à 1 kilomètres Ouest de cette dernière. Le dispositif adopté par le 82° Régiment d’Infanterie est le suivant :

  • 1° Compagnie (1° Bataillon) au Nord-est de la masse d’arbres
  • 2° Compagnie (1° Bataillon) en réserve à la masse d’arbres
  • 3° Compagnie (1° Bataillon) entre la masse d’arbres et le boqueteau au Sud de Evres
  • 4° Compagnie (1° Bataillon) à la  lisière Nord de ce boqueteau
  • 5° Compagnie (2° Bataillon) à la lisière Nord  de Bois de la Grande Brouenne
  • 6° Compagnie (2° Bataillon) entre la Côte 239 et le Bois de la Grande Brouenne
  • 7° Compagnie (2° Bataillon) en réserve au centre
  • 8° Compagnie (2° Bataillon) Côte 239
  • 3° Bataillon en réserve d’avant-postes au Nord de la Côte 222

La 4° Compagnie est violemment prise à partie par l’artillerie allemande vers 16 h 00 et quelques unes de ses Sections se replient. Arrêtées par le Colonel Ponsignon et le Capitaine Fleuriot, elles sont reportées en avant. Les pertes du régiment s’élèvent pour cette journée à quelques tués et une quinzaine de blessés. Le secteur reste calme au cours de la nuit et le 82° Régiment d’Infanterie reste dans ses positions.

Le 6 septembre le Général Joffre, commandant en chef des Armées françaises, envoi cet ordre à toutes les unités du front  :

« 6 septembre, 9 heures
Au moment où s’engage une bataille dont dépend le Salut du pays, il importe de rappeler tous que le moment n’est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés à attaquer et refouler l’ennemi.
Une troupe que ne peut plus avancer, devra coût que coût garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée.
Signé Joffre.
Message communiquer immédiatement à tous, jusque sur le front. »

Cet ordre marque le début de la Bataille de la Marne et les dernières heures du Lieutenant de Courson. Pendant plusieurs jours des violents combats vont éclater sur près de 300 kilomètre de front allant de l’Ouest de Verdun à Senlis. Ils permettront d’arrêter la progression de l’ennemi et de le repousser vers le Sud, mais ils coûteront la vie à des milliers d’hommes.

Après avoir reçu cet ordre le Colonel, commandant le 82° Régiment d’Infanterie, l’apporte en personne à ses chefs de Compagnie et en profite pour inspecter ses avant-postes. Quelques instants plus tard, le combat s’engage, les canons des deux camps entament un duel avant que l’infanterie allemande ne charge les tranchées du régiment. Il ne plie pas, mais les pertes sont effroyables et s’accentuent lorsque les mitrailleuses ennemies entrent en jeu. Vers 10 h 00, deux Compagnies du 76° Régiment d’Infanterie qui font la liaison avec la 5° Compagnie du 82° Régiment d’Infanterie, perdent pied et se replient sans avertir cette dernière. Les allemands en profitent pour se glisser dans le bois et prendre à revers le 2° Bataillon. Ils se peuvent ensuite prendre le 3° Bataillon en enfilade.

La Section du Lieutenant de Courson, dont les mitrailleuses sont en batterie dans les tranchées du 2° Bataillon, continue ses tirs pour éviter d’être anéantie. Alors qu’il commande sa section, le Lieutenant est volatilisé par un obus le 6 septembre 1914.

La femme du Lieutenant de Courson est informée le lendemain de la disparition de son mari par son ordonnance, Robotin Raymond :

« Madame de Courson,
Je me permet d’écrire ces deux mots à Madame, mais je pende que Madame a été avertie du malheur qui est arrivé à Monsieur avant l’arrivée de ma lettre, maintenant Madame je pense mon devoir d’avertir Madame, autant plus que j’étais l’ordonnance à Monsieur et que j’étais avec lui depuis le début de la campagne. J’ai resté jusqu’au dernier moment avec Monsieur, mais je n’ai rien plus lui faire autant plus qu’il a été tué sur le coup. Maintenant Madame, j’ai ramassé à Monsieur tout ce que j’ai plus y avoir et j’en ai fait un petit colis à Montargis.
Recevez Madame, mes salutations les plus empressés.
Robotin Raymond
82° Régiment d’Infanterie, 5° Corps d’Armée, 9° Division, 17° Brigade. »

Un autre de ses camarades et amis, le Lieutenant Rivière du 1° Régiment d’Infanterie, écrit le à son père deux jours plus tard :

« Moulins, 9 septembre 1914,
au Général de Courson
Mon Général,
C’est avec un affreux serment de cœur que je viens remplir un pénible devoir dont m’avait chargé votre fils Robert. J’ai la douloureuse mission de vous annoncer sa fin glorieuse, mais je le fais sans crainte connaissant assez les sentiments de votre cœur de soldat.
Robert qui était pour moi un loyal et cordial ami est tombé en brave à la tête de sa section de mitrailleurs, le 6 septembre à 11 heures du matin auprès du village d’Evres (20 kilomètre au Sud de Bar-le-Duc). Au moment où il regardait dans sa jumelle il a été frappé en pleine poitrine par un obus explosif, c’est à dire que la fin a été sans souffrance. Courageux, parfois même téméraire, estimé et aimé de ses hommes qui l’auraient suivi partout sa mort constitue pour le régiment une perte considérable et pour tous ses camarades un ride irréparable dans nos rangs.
Blessés deux jours après, mon cher désir est de retourner là-bas venger sa mort et celle d’autre, trop nombreux camarades, hélas!
Veuillez agréer, je vous prie, mon Général, en même temps que mes très douloureuses condoléances, l’expression de mes sentiments respectueux et émis.
Rivière, Lieutenant au 1° Régiment d’Infanterie. »

Après le décès de son mari, Madame de Courson demande à Monsieur Bastien, un cultivateur d’Evres, d’installer une croix sur les lieux du drame. Quelque temps plus tard, Bertrand de Courson, qui est aussi sous les drapeaux, profite d’un jour de repos pour se rendre sur les lieux du décès de son frère Robert. Il est accueilli par le cultivateur, qui le conduit à la croix qu’il a dressé. Peu après, Bertrand de Courson écrit une lettre pour rendre compte de cette visite :

« 31 juillet 1915
Le fermier Bastien m’a conduit dans le bois du Houl et j’ai pu prier là-bas pour notre cher Robert. Le fermier a fait faire une croix noire avec ces mots en blanc : « Ici est tombé Robert de Courson, lieutenant mitrailleur au 82°d’Infanterie le 6 septembre 1914 ». On voit encore les éclats d’obus au pied de la croix. Il y a aussi une clôture de fils de fer d’une dizaine de mètres de longueur et à peu près autant de large tout autour. J’ai écrit à Mad (épouse de Robert) qui m’avait demandé de lui rendre compte de ce que Bastien avait fait et je me mets à sa disposition si elle veut qu’on fasse autre chose. Le fermier m’a dit qu’il a aussi tout près de cet endroit quelques ossements et quelques débris de drap rouge qu’il garde chez lui ; il a d’ailleurs écrit à Mad à ce sujet.
Cette visite à Evres est bien douloureuse, on voudrait trouver une tombe au moins, mais cet obus n’a rien laissé. Je compte retourner de temps en temps de mon cantonnement à Evres, j’en ai pour à peine quart d’heure à cheval. Cette brave famille Bastien m’a fait excellent accueil, me forçant à manger chez eux à 4 heures de l’après-midi, se croyant obligés de m’offrir une serviette qu’ils avaient du mal à trouver. »

 La croix indiquant le lieu du décès du Lieutenant de Courson existe toujours de nos jours. Elle se trouve dans un bois non loin d’Evres (les coordonnées GPS de cette croix seront ajoutées dans le futur).

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Croix dédié au Lieutenant de Courson de la Villeneuve – Photographie famille Maurer

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La fiche matricule de Lieutenant nous apprend qu’il a d’abord été inhumé à Evres dans le cimetière de l’Église à la tombe 56. La dernière trace de cette sépulture remonte à janvier 1918, mais il est impossible aujourd’hui de dire avec certitude où repose l’officier.

Le blockhaus quant à lui a été construit dans le courant de l’année 1915, sans qu’il soit encore possible d’être plus précis. Il est composé d’une petite pièce semi-enterrée qui possède deux bouches à feu s’ouvrant vers le Nord et l’ancienne ligne de front. Leurs tailles laissent supposer que le blockhaus était armé de mitrailleuses. Cet « Abri de Courson » est flanqué par un autre blockhaus qui se trouve dans la forêt à quelques centaines de mètres au Nord-ouest.

Abri de Courson

Abri de Courson – Collection EMBRY Mikaël

L’Argonne à l’heure 14:18 tient à remercier Monsieur H. de CLERCK qui a gentiment transmis les courriers de son aïeul et autorisé le blog à les publier. Remercions également la famille MAURER qui a transmit les photos de la croix dédiée au Lieutenant de Courson et que Monsieur de CLERCK a bien voulu me transmettre.
Merci de ne pas réutiliser les documents sans l’avis des propriétaires.
Article mis à jour le 22/01/2016