Deuil fatal au cimetière de Lachalade

Lundi 9 août 1920, l’Argonne a enfin retrouvé son calme et ses habitants commencent à reconstruire les villages détruits. Dans le courant de cette journée, un homme se rend au cimetière de La Chalade. Quelques minutes après son entrée dans l’enclos funéraire, un coup de feu retentit. Plusieurs personnes se précipitent et trouvent l’homme gisant, avec une blessure à la tête, sur la tombe de deux soldats morts en Argonne au cours de la Grande Guerre. Il est rapidement évacué vers l’Hôpital Sainte-Catherine de Verdun, où il décédera peu après son arrivée.

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Les lieux du drame aujourd’hui

Suite à ce décès suspect, une enquête est ouverte pour comprendre les événements qui se sont déroulés à La Chalade.

Début d’août 1920, Monsieur Houy François Anatole, alors âgé de cinquante-six ans, décide de quitter son domicile du Loiret pour se rendre sur la tombe de ses deux fils Fernand Marie Marceau et Humbert Anatole.

Ces derniers sont respectivement nés le 30 mai 1891 et le 3 octobre 1892 à Sceaux-du-Gâtinais dans le Loiret. Au début de la guerre, ils sont mobilisés et ils intègrent tous les deux le 76° Régiment d’Infanterie avec le grade de Soldat de 2° Classe. D’abord engagé dans le nord de la Lorraine, le régiment a ensuite participé à la bataille de la Marne avant de rejoindre le front Argonnais à la fin de l’année 1914.

Le 5 janvier 1915, le 76° Régiment d’Infanterie participe avec les Garibaldiens à une importante attaque dans le ravin des Courtes-Chausses. Fernand est tué au cours de ces combats et Humbert, son frère, perdra la vie le 1er avril 1915 à Vauquois. Selon les volontés de la famille, ils seront inhumés dans la même sépulture à La Chalade.

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Sépulture de la famille Houy

Lorsque leur père François arrive en Argonne,il prend la direction de La Chalade pour visiter le cimetière du village. Après avoir découvert la sépulture de ses deux enfants, il décide de mettre fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête.

On retrouvera sur lui, une lettre écrite de sa main, où il expliquait avoir choisi de se suicider sur les lieux où ses fils étaient tombés. Il indiquait également vouloir reposer aux côtés de ses fils dans le cimetière de La Chalade.

Coordonnées G.P.S. de la sépulture : N 49° 09′ 56,5″ – E 004° 57′ 31,0″

Ce drame est entre-autre relaté dans Le Bulletin Meusien du 15 août 1920.

Article Houy - Bulletin Meuse (18.08

Article paru dans Le Bulletin Meusien du 15 août 1920 – Collection M. EMBRY

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